Wednesday, August 22, 2012

Disinfos.com: "Yaron Gamburg, porte-parole et conseiller de presse de l’ambassade d’Israël : de Zhitomir à Paris"



Mon interview pour Desinfos.com. Merci a Helene Keller-Lind et Desinfos.com!


Faire un tour d’horizon avec Yaron Gamburg, porte-parole de l’ambassade d’Israël à Paris est à la fois passionnant et préoccupant. Passionnant du fait de son 
parcours si riche qui explique une finesse d’analyse peu courante et un décryptage remarquable des complexités de la situation actuelle, non seulement proche-orientale, mais aussi mondiale. Préoccupant aussi, en un moment crucial, alors que le menace existentielle iranienne se précise pour Israël, mais aussi pour le monde.


Une enfance en Ukraine

Né en Ukraine, à Zhitomir, ville non loin de Kiev qui fut à 40% juive avant la guerre, Yaron Gamburg a fait son alyah à l’âge de dix-huit ans. Il avait grandi avec, en toile de fond, la Shoah à la quelle sa famille échappa en fuyant vers l’Est au Kazakhstan, avant de revenir dans une ville où la population juive avait fortement diminué, où les synagogues avaient été détruites. Trop jeune pour avoir vraiment connu l’antisémitisme local d’après guerre, à la fois institutionnel et venant de la population, il savait néanmoins que sa mère n’avait pu faire des études de médecine, comme elle le souhaitait, ou que pour célébrer Pessah son grand-père devait aller à Moscou pour y acheter des Matsot, celles-ci étant introuvables localement.Certes, dit-il, l’Union soviétique n’a pas détruit synagogues ou bâtiments juifs, comme le firent les nazis, mais il y avait un antisémitisme d’État, l’Union soviétique s’en prenant d’ailleurs à toutes les religions.
Pourtant, cet antisémitisme institutionnel était un paradoxe - ce mot revient souvent lorsqu’il parle de ces contrées - étant donné que le premier gouvernement soviétique comptait nombre de Juifs. Autre paradoxe : aujourd’hui, alors que l’Union soviétique a laissé la place à la Russie, les Pays Baltes, le Caucase, l’Azerbaïdjan ou la Géorgie, ces pays ont des relations très proches avec Israël. Notamment les deux derniers où l’on pratique un Islam modéré. Et même si la Russie soutient les Palestiniens, l’antisémitisme d’État a disparu. Sur la complexité des relations troubles avec les Juifs, Yaron Gamburg cite l’ouvrage de Solzhenitsyn « 200 ans ensemble » consacré à l’histoire des Juifs de Russie de1795 à 1995.
Quant à l’antisémitisme que l’on constate au sein des populations de ces régions, Yaron Gamburg répond qu’il y a aussi « de l’antisémitisme en France et dans d’autres pays d’Europe pour des raisons culturelles, sociologiques et parfois politiques... »

La scène moscovite du début du XXIème siècle

Compte tenu de cette histoire personnelle, on imagine combien furent forts certains moments qu’il vécut à Moscou où il eut son premier poste diplomatique de chargé des relations avec la presse, entre 2.000 et 2.003. Ce qui fit le cas lors de la visite officielle de Nathan Chtaransky, cet ancien Refuznik, qui passa des années en prison et au Goulag avant d’être relâché et de s’établir en Israël pour y devenir deux fois ministre. Il se souvient que le Kremlin appela alors l’ambassade d’Israël pour inviter le ministre israélien à rencontrer le Président russe, visite qui n’était pas prévue, et de cet entretien étonnant, en russe, entre Vladimir Poutin, l’ancien patron du KGB, et celui qui en avait été la victime.

Le client iranien

En revanche, souligne-t-il, alors qu’Israël avait été créé grâce aux États-Unis et au bloc soviétique d’alors, à partir de la guerre des Six Jours, les pays arabes ayant décidé de rompre leurs relations avec l’Amérique pour passer dans l’orbite soviétique, Israël étant l’allié des États-Unis, la politique extérieure russe changea. Il explique que c’est de là que date le soutien de la Russie à l’Iran, Russie qui a construit le réacteur de Bucher, après que la France et l’Allemagne en ont commencé la construction. Ce qui s’est fait notamment pour des considérations économiques, dit-il, avec des ventes d’armes à l’Iran et à la Syrie, ce qui fait travailler des milliers de personnes. Il est vrai qu’après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl – Zhitomir, ville de Yaron Gamburg située non loin de là, fut épargnée uniquement en raison de la direction du vent...- trouver des clients pour sa technologie était devenu difficile pour la Russie et ce principal client iranien était précieux...
Par ailleurs, l’Iran a soutenu la Russie contre les groupes tchétchènes et les mouvements jihadistes qui les suivirent et avait calmé les frictions entre elle et le monde arabe, même si les choses ne sont pas toujours forcément très claires. La Russie du Président Poutin, dit-il, entend jouer un rôle de super puissance et a une ambition géopolitique très large. « Plus proche du côté palestinien qu’israélien, il est important pour elle de faire partie du Quartet et d’être impliquée dans cette question ».

« Ce point de désaccord avec la Russie pèse sur nos relations »

C’est ainsi que l’Iran pose aujourd’hui une menace inquiétante et que le Hezbollah, bras armé de l’Iran au Liban, possède quelque 50.000 missiles, selon les estimations, dit-il, ajoutant que « ce n’est pas tellement la quantité qui compte mais le fait qu’ils couvrent la quasi totalité d’Israël, à l’exception, peut-être d’Eilat »...Une capacité fortement accrue depuis 2.006. Mais, note-t-il, cette fois Israël est fin prêt, citant une source militaire anonyme qui avertissait récemment que si le Hezbollah attaquait Israël, cette fois toutes les infrastructures libanaises seraient détruites.

Les journalistes russes très admiratifs d’Israël

Cette expérience moscovite lui fit constater que si la politique extérieure russe est favorable à Iran, Syrie et Palestiniens, les journalistes, eux, sont souvent très admiratifs d’Israël. A cause de la censure qui régnait du temps de l’URSS, interdisant de parler de l’État hébreu, les deux mille journalistes russes étaient fascinés par Israël qui était pour eux une Terra Incognita.
Par ailleurs, en poste à Moscou à l’époque de la crise tchétchène et de la deuxième Intifada, il constata que les journalistes russes dressaient un parallèle entre le terrorisme palestinien, le Hamas, le Jihad islamique et le terrorisme tchétchène. Yaron Gamburg se souvient notamment d’une « interview accordée alors à un journal russe par le fondateur et dirigeant du Hamas, le cheikh Yassin. Celui-ci apportait son soutien aux islamistes tchétchènes. Ce qui fit grand bruit et « ouvrit bien des yeux au niveau politique ».

Les médias en France : nouer un dialogue pour pouvoir expliquer

Il y oppose une autre anecdote journalistique qui ne manque pas de piquant.Lors de sa scolarité en Ukraine il eut comme choix de langues étrangères l’anglais et le français. Il opta pour le français et apprit l’anglais plus tard, notamment à Los Angeles où il fut un Consul général adjoint très apprécié dans une ville qui compte l’une des plus grandes populations juives au monde. Cet enseignement du français se faisait à travers littérature et manuels mais aussi avec la presse. Or, le seul journal autorisé était « l’Humanité ». Ce qui lui fait dire aujourd’hui que près de 25 ans plus tard, quand il a ce quotidien entre les mains ici à Paris, il constate que pour cet organe de presse, rien n’a changé et que pour certains Israël est et reste la source de tous les malheurs du monde...
Pourtant, mis à part cet exemple extrême, s’il sait que certains journalistes et certains médias en France ont un parti-pris anti-israélien évident, et pas uniquement dans les médias de la gauche radicale, s’il reconnaît qu’il y a « des hauts et des bas », des choses « problématiques », ou que « certains préfèrent ignorer certaines réalités du Moyen-Orient et fermer les yeux », il a une vision des choses très nuancée. Car, dit-il, on ne trouve pas que des choses négatives, mais aussi des choses très positives. Il estime d’ailleurs que « les journalistes français sont professionnels et tout le monde commet des erreurs de temps en temps ».
De plus, il croit en la vertu du dialogue, de la « rencontre en tête à tête et de la porte ouverte non seulement à tous les journalistes, mais aussi à tous les dirigeants de médias ». Car, dit-il, « le rôle des médias est d’essayer de donner une information la plus objective possible et le conflit israélo-arabe est très complexe. Il faut un effort d’honnêteté, ce qui est tout ce que je demande, le but de notre travail est de demander une certaine honnêteté journalistique. Il faut nouer un dialogue avec les journalistes pour pouvoir expliquer ».
Ce qui n’est pas toujours évident, cependant, dit-il, car, par comparaison avec les journalistes russes ou américains qu’il a beaucoup côtoyés, les journalistes français sont un peu des enfants gâtés qui ne veulent parler qu’au ministre des Affaires étrangères ou à l’ambassadeur, au numéro Un ou au numéro Deux.

Internet : fournir des concepts, une information, une connaissance des faits historiques

Bien sûr, dit cet accro de l’informatique, « virus attrapé à Los Angeles », très actif dans ce domaine, il y a Internet et le contact peut être fait par ce biais, mais on ignore alors quand et comment il y a un impact. Néanmoins, il note que quand il est arrivé il y a deux ans « le mot « colonies » était utilisé pour décrire les villages juifs en Cisjordanie ». Ce qui le surprit beaucoup car « cela est très différent du colonialisme français ou européen. Nous avons quatre mille ans d’histoire sur ce qu’on appelle ici « la Terre Sainte », qui est pour nous Eretz Israël ». Le conflit porte sur ce que nous pensons qui nous appartient et ce qu’eux pensent leur appartenir ». Ce qui n’a rien à voir avec un quelconque colonialisme.
État de choses qui lui fit comprendre pourquoi, dans une dépêche AFP, on avait pu lire « bébé colon » à propos d’une famille juive tuée par des terroristes palestiniens. Une absurdité, dit Yaron Gamburg qui a alors soulevé la question sur son blog, « Ma Parole ! » « demandant pourquoi ce mot était utilisé, ce qui est, dès le départ une présentation fausse et biaisée ».
Ses observations provoquèrent un débat d’idées, de concepts, ce dont on est friand ici. Il y eut un progrès, même si on ne peut pas changer toutes les tendances, dit-il. Il en a été de même avec la notion posant que l’anti-sionisme est une nouvelle forme moderne d’antisémitisme, ce qui a longtemps été réfuté mais est finalement admis aujourd’hui. Il cite à cet égard le Nouvel Observateur qui a pris conscience que cet antisionisme était un prétexte...Par ailleurs, le « blog non officiel de l’ambassade d’Israël à Paris, Nosnondits », alimenté par nombre de traductions, donne une plus grande visibilité à l’information, en amplifie la diffusion. Il faut fournir des concepts, une information, une connaissance des faits historiques dont beaucoup manquent, dit-il.
Yaron Gamburg a, bien entendu, un compte Twitter @yarongamburg . A sa grande surprise « des étudiants en journalisme français y ont écrit des choses épouvantables sur Israël ». Il leur conseille de lire la presse israélienne, très critique, avec ce commentaire ironique : « ce n’est pas des médias français que nous avons peur mais des médias israéliens... ». Des « commentaires abjects sur Rue 89 » l’ont choqué...Mais il ne se fait pas d’illusion et sait « qu’on ne peut changer des idées fixes, des partis pris en un ou deux ans ». Ajoutant : « notre travail est de leur fournir certains concepts qui sont absents et les inviter à un travail de réflexion ».

Des aspects d’Israël très appréciés en France

Un autre site Web israélien, coolisrael.fr/ est très apprécié car, note-t-il avec satisfaction, la culture israélienne a le vent en poupe ici, citant la popularité d’écrivains comme David Grossman ou du cinéma israélien. « Dans ce domaine il n’y a pas besoin de service de presse, » dit-il ! Il y aussi, par ailleurs, la reconnaissance du « miracle économique israélien, avec ses 3 % de croissance » et le fait que lorsque Stanley Fisher – aujourd’hui gouverneur de la Banque d’Israël – ou le ministre de l’Économie israélien viennent en France les journalistes se pressent pour les rencontrer. Il constate un même intérêt pour « Israël, la nation start-up », titre d’un ouvrage sur son bureau, ou pour l’agriculture high tech israélienne, notant qu’un syndicat agricole français va se rendre prochainement en voyage d’études en Israël. Pourtant, reconnaît-il, ce qu’il regrette, il n’est pas parvenu à intéresser les médias français à la visite à Paris du Professeur Schectman, Prix Nobel de Chimie israélien au parcours exceptionnel.

Les dossiers politiques

Israël n’est pas au cœur des problèmes du Moyen-Orient, ce sont l’Islam radical, la corruption et les régimes autoritaires Syrie et Iran

« Israël n’est pas au cœur des problèmes du Moyen-Orient, ce sont l’Islam radical, la corruption, les régimes autoritaires qui le sont et il faut le rappeler aujourd’hui ». Tel est le cadre que pose le porte-parole de l’ambassade d’Israël en France, rappelant que les problèmes actuels découlent du colonialisme d’antan, des frontières qui ont été tracées, des populations différentes qui ont été rassemblées. Un ensemble de facteurs qui débouchent sur « ce grand bouleversement auquel on assiste aujourd’hui et qui touche toute la région, Jordanie, Libye, Irak, Turquie y compris. « Mais Israël est beaucoup moins menacé par la crise syrienne, » dit-il, constatant qu’il y a « 150.000 réfugiés syriens en Jordanie, 70.000 en Turquie ou qu’il y a une exportation de ce conflit au Liban avec le Hezbollah ». Il ajoute : « ce qui nous concerne en Israël et nous inquiète, ce sont les stocks d’armes chimiques et non conventionnelles syriennes, les plus importants au monde ».
Quant à « l’après Assad, des groupes islamistes chiites ont pénétré en Syrie, ce qui va changer l’équilibre des forces. L’Iran va perdre son allié arabe le plus important, le Hezbollah va perdre sa base de réarmement, cela va leur porter un coup sérieux. La Syrie compte 70 % de Sunnites et des minorités, comme les Druzes et les Chrétiens qui sont inquiètes pour leur avenir. Des rebelles ont brûlé des drapeaux du Hezbollah et des drapeaux iraniens en Syrie, mais des forces des Gardiens de la Révolution iraniennes s’y trouvent et ce n’est plus seulement en fournissant des armes que l’Iran intervient. L’Iran est isolé aujourd’hui, pas seulement par l’Occident, même s’il faut des sanctions plus fortes, paralysantes, comme nous le disons. L’Iran est isolé aussi par ses voisins du Golfe persique, l’Arabie saoudite ou le Qatar et la chute d’Assad sera un coup dur pour le régime iranien. Qui a également des problèmes avec la Turquie, pays qui a des problèmes avec tous ses voisins et a aussi un dossier kurde ». Il ajoute : « On est en pleine transition sur le plan géopolitique et on ne sait pas où on va ».

Nucléaire : ligne rouge franchie par l’Iran et des horloges qui tournent à des vitesses différentes

Quant au nucléaire iranien, Yaron Gamburg le qualifie de « problème central, le plus inquiétant pour le gouvernement israélien. Il s’agit d’une menace existentielle. Car pour le régime iranien le but déclaré est la disparition d’Israël et l’établissement d’un État palestinien sur tout le territoire d’Israël, la Cisjordanie et Gaza. C’est un régime antisémite qui est dans la rhétorique du complot sioniste dans le but de régner sur le monde, « les Protocoles des Sages de Sion » ont d’ailleurs été traduits en persan... L’Iran, régime anti-sioniste et antisémite va se doter d’armes de destruction massives, ils ont des missiles qui couvrent le territoire israélien et au-delà, allant même jusqu’à l’Italie ».
En ce qui concerne Israël, précise-t-il, « l’Iran a franchi une ligne rouge et a tous les composants pour fabriquer une bombe atomique ». Il salue « l’attitude forte de la France avec qui nous avons beaucoup de points communs », regrettant toutefois que « les États-Unis et les pays occidentaux continuent à essayer des sanctions et des négociations qui sont sans effet alors que l’Iran poursuit l’enrichissement de l’uranium, ce qui n’a pas été observé seulement par Israël mais par les services de renseignement américains. Il y a une semaine, ceux-ci ont envoyé un rapport dans ce sens au Président Obama. Cela n’est un secret pour personne. Les sanctions que privilégie la communauté internationale sont sans effet car ce régime ne prend pas en compte les souffrances de sa population.Par ailleurs, comme vient de le dire l’ambassadeur d’Israël à Washington, Michael Oren, notre horloge tourne plus vite que celle de la communauté internationale, car nous sommes directement menacés et la première cible visée ».

Hezbollah au nord : Israël est prêt

« Il y a actuellement en Israël des préparations pour la défense civile. S’il y a une frappe israélienne sur le nucléaire iranien, il faudra gérer le Hezbollah au nord et peut-être le Hamas au sud. Toutefois le Hamas a beaucoup de problèmes, il n’est pas nécessairement financé par l’Iran, alors que le Hezbollah est le bras armé de l’Iran, comme on l’a vu avec cet attentat en Bulgarie et des tentatives d’attentats anti-israéliens au Kenya, à Chypre et en Géorgie ».
A ce propos Yaron Gamburg estime que « le refus de l’Union européenne de placer le Hezbollah sur sa liste d’organisations terroristes est une honte, d’autant plus qu’un attentat a été commis dans l’espace européen. C’est irrationnel car cela pose un problème patent en Europe également. Le Hezbollah a frappé des Américains et des Français dans les années 80 au Liban aussi. Et aujourd’hui tous les services de renseignement savent qu’il est présent en Europe ».

Un Hamas ambivalent au sud

Le Hamas, lui, a un problème majeur d’identité, explique-t-il. « Il est pro-syrien, pro-iranien, anti-israélien mais ses racines sont les Frères musulmans, ils ont une même école idéologique. L’Iran lui demande de répondre à toute attaque menée contre lui mais tous les indicateurs montrent que le Hamas ne tient pas à s’engager. Il est ambivalent, est allié avec les Sunnites, les Frères musulmans, le Qatar, l’Égypte, même si l’Iran et lui ont un ennemi commun qui est Israël. Le Hamas a également un problème avec le Jihad mondial, comme on l’a vu avec l’attentat dans le Sinaï, mais je ne me fais pas trop d’illusions, c’est quand même un mouvement frère ».

L’Égypte : une période de transition difficile, une coopération militaire mais pas de contacts politiques

A propos de l’Égypte, Yaron Gamburg rapporte ce qui n’est pas qu’une simple anecdote mais illustre bien la réalité. Il s’agit de l’échange de courriers entre le Président Péres et le Président Morsi. A l’occasion du Ramadan Shimon Pères avait envoyé un message au nouveau Président égyptien, issu des Frères musulmans. Ce qui était un second courrier, le premier ayant été envoyé pour le féliciter de son élection à la présidence de l’Égypte. Mohamed Morsi répondit à cette seconde missive, le remerciant et l’assurant de tous ses efforts pour contribuer à remettre en route le Processus de Paix, afin d’assurer « la sécurité et la stabilité de tous les peuples de la région, Israéliens compris ».
Lettre égyptienne qui fut publiée, mais dont l’existence fut aussitôt démentie par Le Caire. Une affaire rapportée sur Nosnondits, où figure une copie de la lettre venue d’Égypte
Le porte-parole de l’ambassade rappelle « qu’il y a deux ans au début de ce qu’on a appelé le « printemps arabe », Israël a été très critiqué par nombre d’hommes politiques, d’experts, de médias, pour ce qui était qualifié alors d’une prudence israélienne excessive. Or, dès le début, le gouvernement, des experts israéliens, s’ils disaient qu’il s’agissait d’un vrai mouvement démocratique, ajoutaient qu’il n’était pas du tout évident que la fin de cette histoire verrait la victoire des valeurs démocratiques, du pluralisme, de la tolérance envers les femmes, les minorités religieuses et ethniques ». Prudence justifiée car « aujourd’hui, le Moyen-Orient est beaucoup plus ultra-religieux, islamiste. Y a-t-il plus de démocratie ? Non.Le Moyen-Orient est plus islamiste, pas plus démocratique ».
Cette prudence venant des leçons tirées notamment de « ce qui s’est passé avec le Hamas à Gaza ». Car « des élections ne sont pas en soi l’étape ultime du développement de la démocratie, mais la première. On sait qu’après des élections il peut y avoir des forces plus réactionnaires, plus antidémocratiques. On l’a vu en Tunisie, en Libye et, bien sûr en Égypte. Il est vrai qu’il n’y avait pas de vraie démocratie sous Moubarak, mais aujourd’hui, il y a eu une mise à pied de la presse, un accroissement de l’emprise de la charia sur la société ».
Voilà pour la toile de fond. Il y ajoute un point essentiel : « Israël et l’Égypte ont un traité de paix depuis plus de trente ans qui est important pour les deux pays et a changé la région du Moyen-Orient. Israël et l’Égypte ont intérêt à conserver ce traité de paix qui conduit à un avantage régional et mondial sur le plan politique, stratégique et économique ». Il cite en exemple « le gazoduc qui fournit en gaz Israël, l’Égypte et la Jordanie. Mais qui a fait l’objet ces deux dernières années d’une vingtaine d’attentats réussis ayant suspendu la fourniture de gaz ».
Il cite encore la coopération économique très importante entre les deux pays, avec « une zone de libre échange qui permet à l’Égypte d’exporter pour plus d’un milliard de dollars aux États-Unis en étant exempté de droits de douane, grâce à un traité d’exemption entre Israël et les États-Unis ». Il y enfin et surtout, la question de la « sécurité. La situation dans le Sinaï, qui s’était dégradée avant même la révolution a atteint aujourd’hui un niveau tel que les experts parlent de chaos, de perte de contrôle de l’armée et du gouvernement égyptiens ». Pour preuve, dit-il, ces attaques par le Jihad mondial avec ce bilan de seize policiers égyptiens tués. Ce qui remet en question la sécurité de la frontière entre l’Égypte et Israël.
D’où aujourd’hui une coopération et coordination des armées israélienne et égyptienne, datant de la période Moubarak mais qui ont continué après l’élection du Président Morsi. La présence de tanks égyptiens dans le Sinaï, interdite par le traité de paix, a donc été autorisée par Israël.
Pourtant, Yaron Gamburg déplore qu’il n’y ait pas de contacts directs au niveau politique entre les deux pays, notant, par ailleurs que l’on ignore ce que sera le rôle à venir de l’armée en Égypte en cette période de transition nécessairement difficile. S’il y a aujourd’hui un ambassadeur d’Israël avec une petite équipe au Caire, il n’y a plus à proprement parler d’ambassade, celle-ci ayant été attaquée particulièrement violemment en novembre 2011 et aucune autorisation pour la réinstaller dans un site plus sécurisé n’ayant été donnée à ce jour.
Par ailleurs,Yaron Gamburg se montre dubitatif quant aux annonces faites par les agences de presse iraniennes, selon lesquelles le Président égyptien participerait au sommet des Pays Non Alignés de Téhéran à la fin du mois. Ce qui est annoncé par l’Iran comme un événement décisif dans un rapprochement égyptien après un froid datant de 1979 et de la révolution islamique. « Il n’est pas clair qu’il y aille lui-même », dit-il, citant de fausses informations similaires données récemment par l’Iran, notamment à propos de soi-disant participations annoncées à une conférence sur la Syrie e ».
Il ajoute un point qu’il est « important de souligner. Si le nouveau gouvernement égyptien soutient l’Iran, principal fournisseur d’aide militaire au régime de Bachar el-Assad, cela n’est pas une bonne idée sur le plan interne égyptien, où il y a une opposition à un rapprochement avec un Iran qui aide le régime syrien à tuer son propre peuple, commettant des actes proches d’un génocide ».

Les États-Unis : de mêmes valeurs mais des horloges qui tournent à des vitesses différentes

Si le porte-parole de l’ambassade d’Israël à Paris affirme que « le Président des États-Unis et le peuple américain ont les mêmes valeurs que nous », s’il se réjouit que « les relations militaires avec les États-Unis sont sans précédent », à propos de la question de l’Iran il réutilise la formule « nous avons des horloges qui tournent à des vitesses différentes », tout en espérant que « les États-Unis trouveront la façon de stopper l’Iran », estimant que « les Iraniens doivent comprendre que l’option militaire est une option très sérieuse. Et alors l’Iran pourrait changer de comportement, ce qui n’est pas le cas maintenant puisqu’il accélère ses activités nucléaires ».

Les Palestiniens : divisés comme en 48

A propos des Palestiniens, le fait que Mahmoud Abbas ait été reçu par les plus hautes autorités françaises un mois à peine après leur arrivée au pouvoir ne choque pas Yaron Gamburg qui remarque que « il a été reçu par tous les nouveaux Présidents, la France, comme l’Europe, a toujours été impliquée dans le dossier palestinien, a une relation très proche, apporte un soutien financier et politique. Israël n’est pas contre un État palestinien, le Premier ministre israélien a dit il y a trois ans qu’Israël est en faveur d’une solution à deux États. La question étant de savoir si les Palestiniens sont prêts à assumer une telle responsabilité et sont prêts à négocier. C’est la première fois qu’un gouvernement israélien a gelé les constructions dans les Territoires, aucun autre gouvernement israélien ne l’avait fait avant. Mais Abbas n’a rien fait... » Quant à la politique des Présidents Sarkozy et Hollande, elle est claire, dit-il, « pour eux la négociation est la seule voie possible et pas des démarches unilatérales. Cela a été dit publiquement et au cours de nos échanges ».
Il regrette cependant que « lorsque le moindre petit balcon est construit dans un village juif en Cisjordanie le Quai d’Orsay le dénonce ». Autre point de désaccord : « Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël, mais comme cela a été dit, on peut trouver des solutions », le maître mot étant « négociations ». Il estime que l’admission de « la Palestine » à l’UNESCO « n’a rien changé », mais regrette la manière dont l’agence onusienne « politise les choses ». Comme, récemment avec cette affaire de l’Église de la Nativité. Israël, dit-il, « n’était pas opposé à ce qu’elle soit reconnue comme patrimoine, mais pas de cette manière ». Il évoque aussi les majorités automatiques contre Israël, soutenues par la France et d’autres pays.
Certes, « la France est en faveur d’une solution négociée, pas imposée, mais il faut convaincre Abbas que c’est là la seule voie ». Tache ardue, « malheureusement car après son échec total au Conseil de Sécurité [ où il avait demandé l’adhésion de « la Palestine » à l’ONU en septembre 2011 ] il va recommencer avec l’Assemblée générale des Nations unies où il y a une majorité automatique arabo-musulmane. Mais est-ce que cela va changer quelque chose ? Rien, si ce n’est décourager Israël. De plus Abbas manque de légitimité et de contrôle. Il est persona non grata à Gaza et on peut parler de trois États éventuels plutôt que deux, avec deux États palestiniens...En effet, après trois ans de négociations entre Hamas et Fatah il n’y a aucune solution pour mettre fin à leurs divisions. Ils sont divisés comme en 48 alors qu’Israël était prêt à reconnaître la partition proposée par l’ONU. Rien n’a changé. Certains n’acceptent pas Israël et il y a cette incitation à la violence contre Israël, même dans les manuels scolaires ».
Toutefois, Yaron Gamburg ne veut pas être négatif. Il y a, dit-il, « une coopération sécuritaire, économique, Israël fournit de l’eau aux Palestiniens, il y a des programmes d’aide ». Force est de constater, pourtant, que « malgré tous ces gestes d’Israël, Abbas préfère la voie unilatérale et l’incitation à la haine d’Israël... »

Un dénominateur commun avec la France, en dépit de différences

C’est sans la moindre hésitation que le porte-parole de l’ambassade d’Israël en France fait état de « rapports très proches et très bons avec le gouvernement français, d’échanges et de dialogue très ouverts », soulignant qu’au cours des trois premières semaines du gouvernement Hollande /Ayrault, « il y a eu la visite du Conseiller de Benjamin Netanyahou à l’internationale et du ministre Danny Ayalon ». Il conclut que « en dépit de différences, nous avons un dénominateur commun ».





Tuesday, June 5, 2012

Israël et la crise économique en Europe


Est-ce que la crise économique en Europe a un impact sur l'économie israélienne ? Le Ministre des Finances israélien, Yuval Steinitz, a été interrogé sur ce sujet lors de la dernière réunion des Ministres des Finances des pays de l'OCDE. 

L’économie israélienne repose en grande partie sur les exportations, et les pays européens sont la première destination des exportations israéliennes. Il est évident que la crise dans la zone euro, ainsi que la baisse des volumes d’échanges des marchés européens influencent le volume des exportations israéliennes vers l'Europe. 

Le Ministre israélien des Finances a expliqué à ses interlocuteurs et aux journalistes,  qu’Israël suivait avec préoccupation les événements en Grèce et dans d'autres pays européens.  La possible sortie de la Grèce de la zone euro, dont le scenario catastrophe a recemment fait la Une de la presse française,  provoquerait une croissance négative en Europe, ainsi qu’une nouvelle réduction dans le commerce et les exportations.

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Angel Gurria, Yuval Steinitz, Pierre Moscovici


Comment peut-on faire face à la crise économique européenne ? Une solution prometteuse serait d’accroitre la diversification des destinations des Exportations. Ces dix dernières années, Israël a augmenté ses exportations vers de nouveaux marchés,  en Asie par exemple, principalement en Chine. Les exportations israéliennes vers la Chine sont toujours inférieures aux exportations vers l'Europe, mais ces deux dernières années, les exportations israéliennes vers la Chine ont augmenté de 200% ! 

Une autre façon de faire face à la crise économique et à la baisse de la croissance est d’attirer des investissements étrangers. Israël est devenu une destination attractive d’investissements pour plusieurs pays du monde, notamment les pays asiatiques, intéressés par les produits de hi-tech, l'agriculture et les technologies de l'eau en Israël. 

Les investisseurs étrangers sont attirés par Israël, non seulement par ses capacités scientifiques et technologiques, mais aussi grâce à sa stabilité économique. Le gouvernement israélien a réussi à maintenir un système bancaire stable et à ne pas dépasser ses plans budgétaires. Deux mesures qui ont contribué à la confiance des investisseurs. Le Ministre des Finances a confié que, quand il y a 4 ans il a proposé de créer un budget biennal au lieu d’annuel, pour lutter plus efficacement contre la crise, de nombreux économistes, y compris des Ministres des finances, ont « froncé les sourcils» avec incrédulité. Aujourd'hui, Israël entame sa deuxième période du budget biennal (2009-2010 et 2011-2012), avec une croissance attendue de 3,5%. C’est pourquoi, s’inspirant de la stratégie économique israélienne, le secrétaire général de l'OCDE Guria encourage aujourd’hui d'autres pays à adopter le modèle israélien. 

Lors de sa visite à l'OCDE,  le Ministre des Finances, Yuval Steinitz,  a présenté la demande d'Israël de rejoindre le GAFI, cet organisme de coordination de la guerre internationale contre le blanchiment d'argent, qui a aussi son siège à Paris. 

Dans le cadre de la conférence d’OCDE,  le Ministre israélien a rencontré ses homologues bilatéraux du Mexique, de Norvège et des Etats-Unis. Il a également eut une brève conversation avec le nouveau ministre des Finances français, Pierre Moscovici.

Friday, May 18, 2012

La Journée de Jérusalem 2012

"Ce matin, les Forces de défense israéliennes ont libéré Jérusalem.  Nous avons unis Jérusalem. Notre capitale divisée. Nous sommes retournés au
plus saint de nos lieux saints, pour ne plus jamais nous en séparer à nouveau.
A nos voisins arabes nous tendons à cette heure la main dans la paix. A nos concitoyens chrétiens et musulmans, nous promettons solennellement une pleine liberté religieuse et de droits. Nous ne sommes pas arrives à Jérusalem  pour interférer avec les autres confessions, mais afin de préserver son intégralité, et d'y vivre ensemble avec ces autres (confessions), dans l'unité. "
Moshe Dayan, Ministre de la Défense, 7 Juin 1967

Ce dimanche 20 mai les israéliens célébrerons la Journée de Jérusalem qui commémore la réunification de la ville à la suite de la guerre des Six jours. Alors que Jérusalem est constamment présente dans l'actualité politique, la réalité du Jérusalem d'aujourd'hui, ainsi que son histoire, reste largement en dehors de toute couverture médiatique. Cette commémoration pourrait être une bonne occasion de rappeler quelques faits et de mieux comprendre les réalités actuelles de la ville éternelle.
Jerusalem Israel

Histoire

Jérusalem est au centre de la conscience juive depuis plus de 3000 ans, avant même que le Roi David en fit la capitale de son royaume en 1004 avant J.C.
L'indépendance juive en terre d'Israël, qui a pris fin en l'an 70 et a été renouvelée en 1948, marque la plus longue période de la souveraineté juive sur Jérusalem. Depuis 1840, les Juifs constituent le principal groupe ethnique dans cette ville.
Le 14 mai 1948, lors de la cessation du Mandat britannique et la proclamation par Israël de son indépendance, les pays arabes voisins attaquent le jeune Etat et assiègent le quartier juif de Jérusalem. Jérusalem est divisée pour la première fois de son histoire. Après la fin du blocus arabe des quartiers juifs de Jérusalem, le Premier ministre, David Ben Gourion, rétabli le siège du gouvernement à Jérusalem-Ouest et, en Février 1949, la ville est proclamée capitale de l'Etat d'Israël. La ville restera divisée entre les années de 1948 et 1967, jusqu'à sa réunification en 1967 après le terme de la guerre des Six Jours.
En 1980, la Knesset adopte la « Loi fondamentale »: Jérusalem unifiée est la capitale d'Israël». Cette loi réaffirme l'engagement d'Israël à la protection des lieux saints de toutes les religions et au développement de la ville. Le 28 mai 1995, alors Premier ministre, Yitzhak Rabin déclarait: « Tous les gouvernements d'Israël, y compris le gouvernement actuel, ont été pleinement convaincus que ce qui a été déterminé en 1967, ce qui a été adopté en 1980, la transformation de Jérusalem en une ville unifiée sous souveraineté israélienne, la capitale d'Israël, le cœur du peuple juif, sont des faits qui dureront pour l'éternité. "

 Le centre des 3 religions monothéistes

Jérusalem occupe, en effet, une place prépondérante dans le cœur des trois grandes religions monothéistes que sont le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.
Chronologiquement, pour la religion juive, Jérusalem incarne la mémoire de l’histoire juive, au sein de laquelle l’exil, les expulsions et les persécutions sont omniprésents. Le Talmud enseigne également que Jérusalem a été à l'origine de la création et que la ville rayonnait sur le monde, la plaçant ainsi à la fois au centre des cartes géographiques et au cœur des civilisations successives qui ont tenté d’y enrayer cette présence juive ancestrale.
Jerusalem series, The Western Wall
La mémoire collective juive n’a néanmoins jamais cessé de s’y référer, que ce soit dans sa liturgie quotidienne, dans les moments importants tels que la cérémonie religieuse du mariage au cours de laquelle l’époux prononce le psaume « Si je t'oublie Jérusalem, que ma main droite m'oublie » et brise un verre en souvenir de Jérusalem ou encore lors de la construction d’une maison. Jérusalem est la ville des patriarches hébreux, celle du Roi David, celle du Roi Salomon, celle des deux temples détruits, dont l’un a laissé pour vestige et lieu de recueillement le Kotel ou Mur Occidental, également appelé Mur des Lamentations. L’héritage biblique des juifs en Terre promise tire ainsi une importante partie de sa profondeur de Jérusalem, citée plus de 600 fois dans la Bible.
La basilique du Saint-Sépulcre dans la vieille ville représente, quant à elle, l'un des plus hauts lieux du christianisme, édifiée entre 326 et 335 par l'empereur romain Constantin - sur le site où se seraient déroulés des événements aussi majeurs que la crucifixion, l'ensevelissement et la résurrection du Christ.
Enfin, pour les Musulmans, Jérusalem héberge l’esplanade des Mosquées, soit le Dôme du Rocher, qui domine la vieille ville depuis plus de 13 siècles ainsi que la Mosquée Al-Aqsa. Même si le Coran ne mentionne pas explicitement le nom de la ville, il s’y réfère comme étant le lieu de « la mosquée la plus lointaine » depuis lequel Mahomet aurait effectué son voyage nocturne vers le Trône de Dieu. Après la Mecque et Médine, l’esplanade représente le troisième lieu saint pour l’Islam.

Démographie

Selon le Bureau central des statistiques (CBS) En Décembre 2010, Jérusalem compte 788,052 habitants. Jérusalem est la plus grande ville d'Israël, représentant 10% de la population d'Israël. Environ 63% de la population est juive, 35% - Musulmans, et 2% - chrétiens. Le pourcentage de juifs dans la ville a diminué depuis 1990, passant de plus de 72% de la population totale à 63%. D'autre part, le pourcentage des musulmans dans la ville a augmenté, passant de 24% à 34% , restant stable ces dernières années. Il convient de noter que les résidents arabes de la ville ont le statut de résident, mais la plupart n’ont pas la citoyenneté israélienne, l’ayant refusée en 1980 massivement après qu’ai été votée la « loi Jérusalem ». Cependant, et malgré cette décision de ne pas prendre la nationalité israélienne, Israël a toujours reconnu aux résidents arabes de Jérusalem le droit d’obtenir la citoyenneté israélienne s'ils le souhaitent. Ces dernières années, les habitants de Jérusalem sont de plus en plus nombreux a émettre une demande de nationalité israélienne auprès du ministère israélien de l'Intérieur.

Jérusalem Aujourd’hui

En dépit de son image de ville éternelle, Jérusalem est l'une des villes les plus dynamiques et riche d'activités en termes de culture et de sport, d'environnement, de recherche, médecine et technologie. Ces dernière années, elle est même devenue une référence culinaire incontournable.
L’Université Hébraïque de Jérusalem, fondée en 1922, est réputée mondialement pour la qualité de ses travaux et est régulièrement à l’honneur dans les classements internationaux. La société Teva Phamaceuticals, leader mondial en matière de médicaments génériques, y est implantée. Hadassah y a installé ses deux hôpitaux et ses centres de recherche.
En plus des institutions culturelles traditionnelles et implantées de longue date, tels que l'Académie Bezalel d'art, fondée en 1906, l'Académie de Musique et de Danse, fondée en 1933, et le Théâtre de Jérusalem (1971), Jérusalem a connu ces dernières années une croissance impressionnante en matière d’initiatives culturelle. Le troisième Festival international des écrivains ayant ouvert ses portes dimanche dernier a attiré de très nombreux écrivains étrangers. Le festival annuel des films attire aussi artistes et directeurs en provenance d'Israël et de l'étranger depuis 1983. Le prochain festival ouvrira ses portes le 5.7.2012 (vous pouvez regarder son programme ici).
Si vous vous intéressez au sport, vous pouvez vous inscrire au marathon international de Jérusalem, organisé depuis 2011. Au dernier marathon ont pris part 10.000 sportifs, environ 1.500 de l'étranger.

Pour les gourmands - le célèbre marché M’ahané Yehuda avec ses cafés typiques ou chics, ses restaurants dont de nombreux n’ont rien à envier aux étoilés de Tel Aviv. Sans oublier les cafés et restaurants du quartier Emek Refaim, du passage de Mamilla et de la Vieille Ville ...

Mamilla Mall

Vous trouverez toutes ces informations dans le nouveau guide du Routard sur Israël et les territoires palestiniens.
Vous pouvez en apprendre plus sur la Jérusalem moderne dans cette brochure digitale crée par le cebtre Edmund Fleg et la Communaute Juive de Marseille.
Pour plus d’informations sur les festivals et autres événements à Jérusalem, contactez nous !

Thursday, May 10, 2012

Grève de la faim des prisonniers sécuritaires - parlons des faits



L’Union Européenne a exprimé mardi son inquiétude pour les détenus palestiniens en grève da la faim. Le Comité International de la Croix-Rouge  (CICR) a demandé le transfert à l’hôpital de six détenus palestiniens. Les responsables de l’AP et du Fatah menaçaient déjà de lancer une troisième Intifada, une campagne de terrorisme contre Israel.

Beaucoup de bruit  pour rien. Plutôt que d'encourager le jeu de la propagande palestinienne, il faudrait que les parties qui se hâtent de s'exprimer, apprennent quelques données de base sur le sujet des terroristes condamnés en Israël.

Premièrement, qui sont les grévistes de la faim ? Environ 1600 prisonniers palestiniens de haute sécurité dans les prisons israéliennes ont entamé une grève de la faim il y a trois semaines. Tous sont des détenus qui ont été condamnés ou sont en détention administrative (enquêtes en cours)  pour leur implication dans des activités terroristes. La plupart des prisonniers ont «du sang sur les mains», et ont été condamnés pour l’assassinat d’israéliens innocents.

Les liens des prisonniers avec les organisations terroristes ? 750 prisonniers sont liés au Hamas, 360 sont membres du Fatah, 250 sont affiliés au Jihad mondial, et 170 sont membres du Front populaire de libération du Palestine (FPLP). Parmi les leaders du mouvement de grève de la faim, certains sont tristement bien connus :
Abbas a-Sayyid, activiste du Hamas, condamné à 35 peines de perpétuité pour son rôle dans l'attaque de l’Hôtel Park à Netanya le soir de la Pâque juive en 2002 ; Sharrim Muhanned, activiste du Hamas, condamné à 29 peines de perpétuité pour son implication dans l'attaque de l’Hôtel Park ; Jamal al-Hur, activiste du Hamas condamné à cinq peines de perpétuité pour son implication dans l'attaque au Café Apropo à Tel-Aviv (1997) ; Wajdi Joda, militant de haut rang du «Front populaire de libération de la Palestine », a été impliqué dans l'attentat suicide du carrefour Geha (2003).

Quelques mots sur les droits et privilèges des prisonniers de haute sécurité dans les prisons israéliennes.
Le service pénitentiaire d'Israël traite ces prisonniers conformément aux règles établies par les conventions internationales. Outre les droits fondamentaux, comme la capacité de pratiquer librement leur religion, de recevoir des visites des membres de la Knesset, d’un avocat et des représentants de la Croix-Rouge, les prisonniers jouissent de nombreux droits et avantages, y compris l’achat de nourriture, la possibilité de recevoir des journaux, des livres, l’accès à de nombreuses chaines de télévisions. Les privilèges ne sont évidement pas requis par les lois et conventions internationales.

En outre, tous les prisonniers, y compris ceux qui ont entamé une grève de la faim, reçoivent une surveillance médicale et des soins. Cela reflète la responsabilité du service pénitentiaire israélien de prendre soin des prisonniers, de leur santé et de leur bien-être. Dans chaque prison il y a une infirmerie qui est dotée d'un personnel médical qui maintient un œil attentif sur la santé des prisonniers. Les prisonniers ont droit à une consultation médicale supplémentaire, des traitements complémentaires et des visites avec les médecins spécialisés.

Une équipe nommée par le commissaire du service pénitentiaire israélien a pu traiter la  question avant même le début du mouvement des prisonniers : les demandes des prisonniers avaient été entendues et transmises à la plus haute autorité, le commissaire du Service pénitentiaire israélien. Il a examiné la question et a rédigé une liste de décisions qui ont été proposées aux prisonniers.

Ce qu’il faut savoir : c’est que dans le même temps, la partie palestinienne a cherché à tirer parti de la grève de la faim des prisonniers  et d’attiser les tensions. Par exemple, un membre éminent de l'autorité, Ziad Abu-In, a averti qu'une troisième Intifada pourrait éclater si les demandes des prisonniers n’étaient pas satisfaites. L'aile militaire du Fatah, a menacé de "revenir à l'option militaire» si les prisonniers n’obtenaient pas tout ce qu’ils souhaitaient.

Parmi les diverses revendications de l'Autorité palestinienne et ses soutiens, la question de la détention administrative est souvent la plus centrale. Je souhaite clarifier cette question, une fois pour toutes, car le manque de connaissances sur ce sujet est utilisé systématiquement pour attaquer Israël.

La détention administrative est un outil utilisé lorsqu'il n'y a pas d'autres options disponibles et qu’il existe des renseignements concrets qui démontrent que le détenu représente une menace réelle pour la sécurité nationale.

Le droit international reconnaît l'utilisation de la détention administrative dans les zones de conflit. La détention administrative est définie entre autre par l'article 78 de la 4ème Convention de Genève (1949). Un grand nombre de pays occidentaux, comme  la Grande-Bretagne, l'Irlande, l'Australie et les Etats-Unis, ont utilisé et utilisent la détention administrative. 

La détention administrative n'est pas exclusivement utilisée contre les Palestiniens, mais aussi contre les Israéliens lorsque cela est jugé nécessaire. En 2011, 14 ordres de détention administrative ont été émis contre des Israéliens. De plus, le nombre d'ordres de détention administrative est en baisse: 3059 cas ont été dénombrés en 2007, le nombre a chuté à 855 en 2011. Le nombre de détenus administratifs se situe actuellement à environ 300. Les ordres de détention administrative sont soumis à un examen judiciaire rigoureux: par exemple, en 2009, la moitié des ordres de détentions ont été annulé par ordonnance de tribunal. Dans d’autres cas, il a été décidé par le tribunal de diminuer les temps de détention. Environ 16% des appels présentés par les avocats de la défense des détenus en 2009 ont été acceptés par les tribunaux militaires. Toutes les décisions relatives aux ordres de détention sont soumises à la surveillance et au contrôle de la Cour Suprême, (la plus haute instance juridique en Israël). En 2012, quelques 196 appels ont été soumis devant la Cour suprême relatifs à cette question. 

Parmi  les 1600 prisonniers en grève de la faim, six détenus administratifs. Deux détenus notoires sont membres et activistes du Jihad Islamique: Bilal Diav et Ta'ar Halhala, qui ont entamé une grève de la faim depuis mars. La Haute Cour de Justice a rendu sa décision le 7 mai 2012 rejetant leur demande étant convaincue par les informations recueillies que les deux détenus sont impliqués dans des activités terroristes, y compris le transfert de fonds depuis l'étranger pour financer des opérations terroristes dans la bande de Gaza. "La détention administrative est une nécessité", a déclaré la Haute Cour de Justice.

Wednesday, May 9, 2012

Les élections qui n'auront pas lieu - Guide de la politique israélienne pour débutants


Suite aux nombreuses infos sur les élections anticipées en Israël en septembre 2012, de nombreuses spéculations se sont répandues dans les médias sur les raisons « cachées » de cette décision. Certains commentateurs ont affirmé qu’une prochaine attaque israélienne sur les installations nucléaires iraniennes se cache derrière cette décision. D'autres ont parlé des élections américaines et du désir du PM Netanyahu d'être réélu avant l’élection présidentielle aux États-Unis en novembre.

 

Une belle compétition de scoops! La question iranienne est évidement une question importante pour les Israéliens, qui voient en la bombe iranienne un danger réel et immédiat pour Israel et une menace pour la région et le monde. Mais non, ca n’est apparemment pas la raison.


Les élections américaines, très importantes bien sur pour les israéliens  qui suivent la campagne avec intérêt et attention. Mais est-ce que le gouvernement israélien aurait-il dissout la Knesset, démissionné, organisé de nouvelles élections, géré les négociations de coalition (souvent difficiles) dans ce seul but ? 
La raison de ces élections anticipées aurait du être recherchées dans la situation intérieure. Il y a quelques mois la fameuse loi Tal a expiré, la Cour suprême demandant au gouvernement de faire une nouvelle législation sur la question du service dans l'armée israélienne avant le mois d’Août 2012. Quiconque suit la politique israélienne, sait que la question du service militaire des orthodoxes est un sujet sensible et central en Israël. La loi Tal, promulguée il y a 10 ans, à fixé l’exemption du service militaire pour des milliers de jeunes orthodoxes en âge d’être appelés pour effectuer leur service militaire. Cependant, au fil de la décennie, le nombre des exemptions a continué de croître, ce qui portait le nombre des non-recrues à près de 40%.

Cette situation a conduit à des protestations populaires, y compris de la part du mouvement des réservistes qui demandent l'égalité face au service militaire obligatoire. Ceci a été également au centre de la protestation sociale de l'été dernier en Israel. Aujourd'hui, de nombreux partis politiques appuient cette demande. Le ministre des affaires étrangères, Avigdor Leiberman, chef du parti Israël Beitenu, est l'un des fervents partisans de cette reforme. Il a d’ailleurs annoncé il y deux semaines que dans le cas où le gouvernement ne soutiendrait pas le nouveau projet de loi sur cette question, son parti ne sera plus lié à l’accord de coalition. C’est en fait, tout simplement, cette position qui est à l’origine de la décision sur les élections anticipées.

Monsieur Netanyahu s'est rendu compte que dans la coalition actuelle dans laquelle cohabite le parti laïc d'Avigdor Lieberman ainsi que les partis orthodoxes comme le Shas et Yahadut ha-Tora, il sera impossible de parvenir à un consensus sur cette question sensible de la conscription.  Heureusement pour la coalition, le parti centriste Kadima, qui envisageait un échec électoral cuisant selon les derniers sondages si des élections étaient organisées en juin, a décidé de joindre la coalition, évitant ainsi le scenario d’élections anticipées. Selon l’accord entre  Kadima et le Likud, le premier objectif du nouveau gouvernement d’unité national sera… la législation d'une nouvelle version de la loi Tal.

A tous les chercheurs de complots, ce sont, en général en démocratie, des conditions antérieures qui sont à l’origine d’élections anticipées, et non pas d’éventuels développement futuristes aléatoires. 


Wednesday, March 21, 2012

Indignons-nous !


Jusqu’à quand allons-nous continuer à nous leurrer ? Cette hypermédiatisation de ce que l’on a nommé le « conflit israélo palestinien » et dont, au bout du compte, les palestiniens se trouvent eux même être les victimes, a propagé et entretenu la haine anti israélienne, et donc antisémite. C’est précisément là que l’un des plus honteusement grossier tour de passe-passe de l’histoire s’est formé, car qu’est-ce que l’antisionisme, sinon une forme moderne et « légitimable » aux yeux de certains, du bon vieil antisémitisme primaire, traditionnel et hélas toujours bien vivant.

Ce que les événements terrifiants de ces derniers jour nous montrent, je dirais nous démontrent, c’est que le fanatisme et l’extrémisme, dans ce cas l’islamisme fondamentaliste,  prennent pour cible tous ceux qui luttent contre lui, tous ceux qui ‘ont identifié comme ennemi et comme danger pour la pérennité de tout ce qui n’est pas lui, aux rangs desquels la France, les Etats Unis et de très nombreux autres nations parmi lesquelles Israël.

 

Israël ne se bat pas contre les palestiniens, Israël se bat contre le terrorisme, et c’est en cela qu’aux yeux des fondamentalistes il est coupable. C’est en cela que les Etats unis et la France sont coupables aux yeux de ces mêmes fanatiques. C’est pour cette même raison  que ces soldats de Toulouse et de Montauban ont été assassinés. Qu’importe leur religion, leur nationalité ou leur origine, tous, ces militaires comme ces enfants que l’ont a poursuivi dans la cour d’une école pour les achever à bout portant, tous avaient un point commun, eux, ou ce qu’ils représentaient, ou ce que certains dont l’opinion altérée pourraient  penser qu’ils représentaient, tous avait l’eut l’audace extrême et la témérité de s’insurger contre le fanatisme et le terrorisme.

Je pense qu’aujourd’hui le temps est venu de s’interroger sur tout cela, sur ces trompes l’œil et ces tergiversations, et sur cette sacro-sainte bien-pensance qui s’est trop souvent trouvée  à l’origine d’amalgames regrettables et affligeants au mieux, et au pire, de l’assassinat d’enfants dans des cours d’école.